Madagascar : liberté pour l’écologiste Armand Marozafy

Depuis des années, une poignée de commerçants de bois tropicaux pille sans scrupules les forêts humides de Madagascar, rapporte l’organisation environnementale EIE. Même devant les parcs nationaux qui sont déclarés patrimoine mondial par l’UNESCO, les bûcherons n’arrêtent pas.
Armand Marozafy, militant écologiste, guide touristique et président du comité d’orientation et de soutien des aires protégées dans la région de Masoala
En 2010, Armand Marozafy était au centre d’un reportage de la BBC consacré à l’abattage illégal de bois de rose dans les forêts de Madagascar

La plupart du bois d’ébène et palissandre battu va en Chine. Un seul mètre cube (m³) y a une valeur convertie de 22.000 euros. Du bois sont fabriqués en particulier des meubles de luxe sculptés.

Certes le gouvernement de Madagascar a interdit l’abattage, le commerce et l’exportation du bois. Néanmoins, depuis 2010 atteint au moins 25,365 m³ à la Chine, ce qui correspond à environ 200.000 arbres.

Des fonctionnaires de l’Etat et des politiciens sont impliqués dans l’activité lucrative, écrit EIE. Même le président et un ministre de l’Environnement devraient avoir reçu des fonds des trafiquants de bois pour leur campagne électorale.

Le malgache Armand Marozafy vit de montrer aux touristes la beauté naturelle de son île, rapporte la BBC. En tant que président de l’organisation environnementale COSAP il se bat pour la préservation des forêts tropicales.
En février 2015, Armand Marozafy envoyait un rapport confidentiel à deux ONG, dans lequel il dévoilait la collaboration de deux opérateurs touristiques locaux avec des trafiquants de bois de rose. Une personne malveillante publia ce document sur les réseaux sociaux. Les deux opérateurs portèrent plainte pour diffamation contre Armand qui fut arrêté et emprisonné le 26 avril 2015.
Le 22 mai 2015 Armand a été condamné à six mois d’emprisonnement et une amende de 3.800 euros convertis.